
Folha de S.Paulo : Hier, le président américain Donald Trump a désigné deux organisations criminelles brésiliennes comme organisations terroristes, une décision que le gouvernement brésilien désapprouve et que les alliés du gouvernement brésilien ainsi que des experts ont qualifiée d’ingérence américaine dans les affaires intérieures du Brésil. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis étaient déterminés à démanteler ces organisations criminelles, qui font déjà l’objet de mesures répressives de la part des autorités brésiliennes depuis de nombreuses années. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Nous avons pris note des informations pertinentes. La Chine préconise depuis toujours la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays.
China News Service : Depuis que la Chine a proposé l’Initiative pour la gouvernance mondiale l’année dernière, celle-ci a reçu un accueil favorable de la part de la communauté internationale. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a participé hier à la réunion du Groupe des amis de la gouvernance mondiale au siège des Nations Unies (ONU) à New York. Pourriez-vous nous donner plus de détails à ce sujet ?
Mao Ning : Dans la situation internationale marquée par des changements et des turbulences, tous les pays appellent à l’équité, à la justice, à la solidarité et à la coopération, et aspirent à la paix et à la stabilité. En septembre dernier, le président Xi Jinping a solennellement présenté l’Initiative pour la gouvernance mondiale, qui a immédiatement reçu le soutien et l’adhésion de près de 160 pays et organisations internationales. Le Groupe des amis de la gouvernance mondiale a été créé à New York, puis à Genève et enfin à Vienne. Les pays membres ont mené des discussions approfondies sur la réforme et l’amélioration de la gouvernance mondiale et sont parvenus à un consensus sur cinq thèmes, à savoir œuvrer pour une plus grande démocratie dans les relations internationales, respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, défendre le rôle central de l’ONU, réduire progressivement le fossé entre le Nord et le Sud, et se concentrer sur la résolution des problèmes concrets.
Le 28 mai, la réunion du Groupe des amis de la gouvernance mondiale s’est tenue au siège de l’ONU à New York, en présence de représentants de plus de 60 pays. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a assisté à la réunion et y a prononcé une allocution. Il a proposé neuf axes pour réformer et améliorer la gouvernance mondiale. Premièrement, promouvoir la réforme et accroître l’efficacité de l’ONU. Deuxièmement, renforcer l’autorité et les capacités du Conseil de sécurité. Troisièmement, faire évoluer les opérations de maintien de la paix avec le temps. Quatrièmement, rassembler le consensus international pour un développement plus rapide. Cinquièmement, réorienter la gouvernance internationale en matière de droits de l’homme. Sixièmement, approfondir la réforme du système économique et financier. Septièmement, établir des règles pour la gestion de l’intelligence artificielle (IA). Huitièmement, renforcer la gouvernance des nouvelles frontières, notamment le cyberespace et l’espace extra-atmosphérique. Neuvièmement, promouvoir les échanges entre les civilisations pour une inclusivité plus large et un apprentissage mutuel. Les représentants de divers pays présents à la réunion ont hautement apprécié l’Initiative pour la gouvernance mondiale. Ils ont noté que les neuf axes proposés par la Chine s’alignaient sur les objectifs de l’Initiative « ONU 80 » et ont exprimé leur espoir de travailler conjointement à un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. Un communiqué conjoint a été publié à l’issue de la réunion.
Le Groupe des amis de la gouvernance mondiale est un facteur de stabilisation et une force de justice dans un monde instable. La Chine est prête à collaborer avec les différentes parties pour tirer pleinement parti de ce mécanisme et le renforcer, élaborer ensemble des plans visant à réformer et à améliorer la gouvernance mondiale, et construire ensemble une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
AFP : La Commission européenne tient aujourd’hui une réunion au cours de laquelle elle devrait présenter des mesures visant à protéger l’industrie européenne de la concurrence chinoise. Avant la tenue de la réunion, quel message la Chine souhaite-t-elle transmettre à l’Union européenne (UE) ?
Mao Ning : Les relations commerciales entre la Chine et l’UE sont de nature mutuellement bénéfique. La Chine ne vise pas à dégager un excédent commercial. Le protectionnisme ne fera que nuire aux intérêts des consommateurs européens et affaiblir la compétitivité de l’industrie européenne. Nous espérons que l’UE considérera les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’UE de manière globale et objective, et qu’elle respectera ses engagements en matière de libre-échange. La Chine suit de près les initiatives de l’UE et prendra les mesures nécessaires pour préserver ses droits et intérêts légitimes.
CCTV : En réponse à une lettre d’étudiants chinois et américains participant à « Un voyage commun : programme d’amitié entre les jeunes de Chine et des États-Unis », le président Xi Jinping a souligné que l’objectif fixé dans le cadre de l’initiative « 50 000 en cinq ans » avait été atteint avec deux ans et demi d’avance. Pourriez-vous présenter plus d’informations à ce sujet ?
Mao Ning : Récemment, le président Xi Jinping a répondu à une lettre d’étudiants chinois et américains participant à « Un voyage commun : programme d’amitié entre les jeunes de Chine et des États-Unis ». Il a indiqué dans cette lettre que depuis le lancement, en novembre 2023, de l’initiative visant à inviter 50 000 jeunes Américains en Chine pour des programmes d’échanges et d’études sur une période de cinq ans, plus de 50 000 jeunes Américains se sont rendus en Chine, l’objectif ayant été atteint avec deux ans et demi d’avance. Au cours de ces interactions, les jeunes de Chine et des États-Unis ont tissé des liens, approfondi leur compréhension mutuelle, noué des amitiés solides et ouvert un nouveau chapitre dans les échanges amicaux entre les deux peuples.
Comme l’a souligné le président Xi Jinping, les jeunes, pleins de vitalité et de rêves, incarnent l’avenir et l’espoir des relations sino-américaines et du monde entier. Il a exprimé l’espoir que davantage de jeunes des deux pays prennent le relais de l’amitié bilatérale, apprennent les uns des autres, progressent ensemble, agissent en tant qu’« ambassadeurs de l’amitié » à travers l’océan Pacifique, et apportent de nouvelles contributions au développement stable, sain et durable des relations sino-américaines.
Agence de presse Xinhua : Les 28 et 29 mai, l’Université Jiao Tong de Shanghai et le Mémorial des victimes du massacre de Nanjing perpétré par les envahisseurs japonais ont organisé le Symposium international commémorant le 80e anniversaire de l’ouverture des procès de Tokyo. Des experts et des chercheurs venus de pays tels que la Chine, le Japon, la République de Corée, la Malaisie, la Russie, l’Allemagne, l’Espagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Brésil ont échangé leurs points de vue sur les procès de Tokyo. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Nous avons pris connaissance des informations à ce sujet. Récemment, des événements commémorant le 80e anniversaire de l’ouverture des procès de Tokyo ont été organisés en Chine, au Japon et par la communauté internationale. Ces derniers jours, des chercheurs de nombreux pays se sont rendus à Shanghai pour assister au symposium sur les procès de Tokyo. Cela témoigne clairement de l’importance que la communauté internationale accorde aux procès de Tokyo, de la quête commune de la conscience humaine, de l’équité et de la justice incarnées par ces procès, ainsi que de la préoccupation commune de défendre les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale, de préserver l’ordre international d’après-guerre et d’exhorter le Japon à ne pas répéter les erreurs militaristes du passé.
Les procès de Tokyo, véritable test décisif de la conscience de l’humanité, ont rendu une justice historique. Alors que le néo-militarisme gagne du terrain au Japon et commence à constituer une menace réelle, il est d’autant plus pertinent de rappeler le contexte, les conclusions et les principes des procès de Tokyo. Nous travaillerons avec tous les pays et tous les peuples épris de paix pour rejeter fermement toute tentative visant à renverser le verdict de l’histoire sur l’agression. Nous exhortons également les forces de droite japonaises à écouter les appels à la justice et à cesser de s’engager davantage dans l’impasse du néo-militarisme. Les leçons de l’histoire sont encore fraîches dans nos mémoires. Ceux qui portent atteinte à la paix et mettent en cause la justice et la conscience seront inévitablement jugés par l’histoire et par la justice.
Reuters : Selon certaines informations, un navire de guerre canadien aurait traversé le détroit de Taiwan. Le ministère des Affaires étrangères peut-il confirmer ces informations ? Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine respecte le droit de navigation dont jouissent tous les pays en vertu du droit international. Parallèlement, la Chine s’oppose fermement aux actes qui, sous prétexte de liberté de navigation, portent atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine.

Shenzhen TV : Selon certaines informations, les données récemment publiées par le gouvernement japonais indiquent que sous l’effet de la politique de renforcement des capacités de défense du pays, les commandes du ministère de la Défense ont triplé au cours des cinq dernières années, représentant la moitié des marchés publics du gouvernement pour l’exercice 2025. Ces chiffres sont particulièrement frappants. Les rapports soulignent également que la croissance de cette tendance est due à la demande croissante de missiles sol-air, d’avions et d’autres armes. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Nous avons pris note de ces informations avec une profonde inquiétude. La réactivation et l’essor rapide du complexe militaro-industriel japonais constituent une nouvelle étape majeure dans la remilitarisation accélérée du Japon. Cela suscite une inquiétude généralisée tant au Japon qu’au sein de la communauté internationale.
Le complexe militaro-industriel japonais était autrefois profondément ancré dans son économie, détournant le processus décisionnel de l’État et alimentant sa machine de guerre. Il a servi de moteur clé en coulisses et de base économique aux ambitions militaires croissantes du Japon, qui ont finalement conduit à une agression et une expansion militaristes à grande échelle. Tenant compte des leçons de l’histoire, une série d’instruments internationaux ayant pleinement force de loi internationale, notamment la Déclaration du Caire, la Proclamation de Potsdam et l’Acte de capitulation du Japon, exigent explicitement que le Japon se désarme complètement et ne maintienne pas d’industries qui lui permettraient de se réarmer en vue d’une guerre.
Aujourd’hui, cependant, le gouvernement japonais continue d’assouplir les restrictions et de soutenir son industrie militaire en allouant davantage de fonds, en renforçant le soutien institutionnel et en assouplissant les restrictions à l’exportation. Les hauts responsables du gouvernement japonais ne ménagent aucun effort pour promouvoir les ventes d’armes dans le monde, dans le but de faire de l’industrie militaire un pilier économique de la nation. Cela va à l’encontre de l’image que le Japon se donne de « pays pacifique ». Le budget de l’État, qui aurait dû servir à améliorer le bien-être de la population, est désormais consacré à des commandes militaires. Les chaînes de production, qui auraient dû servir à fabriquer des appareils électroménagers, produisent désormais des armes meurtrières. Le Japon a-t-il l’intention de revenir sur la voie de l’expansion militariste ? Tous les peuples épris de paix dans le monde, y compris le peuple japonais, doivent rester très vigilants.
CCTV : Le 28 mai, lors de la visite du président philippin au Japon, les deux pays ont publié une déclaration commune annonçant le lancement de négociations sur la délimitation de la zone économique exclusive et du plateau continental entre le Japon et les Philippines. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : La zone que les deux pays ont annoncé vouloir délimiter se trouve à l’est de l’île chinoise de Taiwan. Conformément au droit interne chinois et au droit international, y compris la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), la Chine dispose d’une zone économique exclusive et d’un plateau continental dans cette zone. Les soi-disant pourparlers de délimitation maritime entre le Japon et les Philippines constituent une grave violation des droits et intérêts maritimes de la Chine, de la CNUDM et d’autres dispositions du droit international ainsi que des normes fondamentales régissant les relations internationales. La Chine exprime son vif mécontentement et sa ferme opposition à cet égard. La Chine a déjà formulé des représentations solennelles auprès du Japon et des Philippines.
La Chine déclare solennellement que ces soi-disant pourparlers de délimitation sont totalement illégaux, nuls et non avenus, et n’auront aucun effet sur les revendications de la Chine concernant ses droits dans la zone située à l’est de l’île de Taiwan ni sur l’exercice de ses droits légitimes. La Chine exhorte le Japon et les Philippines à mettre immédiatement fin à toute violation des droits et intérêts maritimes de la Chine et à prendre des mesures concrètes pour préserver la paix et la stabilité régionales.
Beijing Daily : Nous avons pris note de l’annonce faite par l’Administration générale des douanes (AGD) selon laquelle, à compter du 20 juillet de cette année, la Chine accordera un accès total au marché aux grains de café répondant aux exigences de quarantaine provenant de tous les pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. Ces grains de café pourront entrer sur le marché chinois à condition de respecter les exigences stipulées dans l’avis n° 68 de 2026 de l’AGD, devenant ainsi un produit agricole de plus à bénéficier d’un accès unifié au marché régional. Cette initiative est très bien accueillie par les pays africains concernés. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mao Ning : La politique de tarif douanier zéro à l’égard des 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine a ouvert de nouvelles perspectives pour les exportations africaines. Cette politique est un exemple concret de l’engagement de la Chine en faveur du principe de « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise » envers l’Afrique et d’une juste conception de l’équilibre entre l’équité et l’intérêt propre, mis en avant par le président Xi Jinping. Nous sommes heureux de voir davantage de produits africains de qualité et de spécialité entrer sur le marché chinois, et nous mettrons en œuvre cette politique de tarif douanier zéro de manière efficace tout en améliorant les « voies vertes » pour les importations africaines afin que les dividendes de la politique de tarif douanier zéro puissent mieux bénéficier aux deux peuples.

